Lucas Hervouet : « Avoir une présence active veut également dire pouvoir contrôler l’image du club »

Lucas Hervouet.pngPhotos : Arnaud Duret / FC Nantes – Création : Well’Com to the Stadium

Lucas Hervouet : « Avoir une présence active sur les réseaux veut également dire pouvoir contrôler l’image du club »

Vous le trouverez rarement sans son téléphone à la main. Son nom ? Lucas Hervouet. Sa profession ? Community manager du FC Nantes depuis maintenant deux saisons. Rencontre avec un jeune homme de 24 ans qui maitrise déjà les clés des réseaux sociaux à la perfection et met cela au service du club de football nantais. 

Well’Com to the Stadium : En quoi consiste le travail de community manager dans un club de football professionnel ?
Lucas Hervouet : Mon travail consiste à informer quotidiennement nos supporters et ceux qui nous suivent sur les réseaux sociaux de l’actualité du club, et veiller à la bonne image de celui-ci sur le digital. Cela passe par de la publication de contenus en tout genre (relais du site internet, vidéo, photos), et des interactions avec les internautes (réponses, sondages, jeux-concours).
avatar : Quels sont les réseaux sociaux que tu utilises pour le FC Nantes et dans quel but ?
LH : Nous avons l’ambition d’être présents et actifs sur le plus de canaux possibles. J’utilise les plus connus, à savoir Facebook, Twitter, Instagram et Snapchat. Nous sommes aussi présents sur Dugout et Linkedin, et nous venons d’annoncer notre arrivée sur la plateforme « IGTV » d’Instagram. Chaque réseau social a un but commun : informer de l’actualité et transmettre une image positive du Club, mais est utilisé différemment. Sur Facebook par exemple, nos supporters sont plus avides de contenus vidéo, de préférence « inside ». Sur Instagram, nous sommes plus dans la « belle photo » à travers des clichés d’émotion. Sur Snapchat et Instagram Story, j’essaie de montrer tous les coulisses auxquels nos suiveurs n’ont pas forcément accès.

avatar : Est-ce une obligation aujourd’hui pour un club de football professionnel d’avoir des réseaux sociaux actifs ?

LH : Oui, à 100%. Le digital a pris une dimension incroyable ces dernières années, et donc les réseaux sociaux aussi. Aujourd’hui, chacun souhaite avoir l’information le plus rapidement possible, gratuitement. Et les supporters veulent suivre leur équipe le plus possible chaque jour. Les réseaux sociaux permettent tout ça. Avoir une présence active veut également dire pouvoir contrôler l’image du club, c’est naturellement indispensable.


avatar : Travailles-tu avec les joueurs pour les aider à gérer leurs réseaux sociaux
 ?
LH : Même si je garde un oeil attentif sur ce qu’ils publient, les joueurs professionnels gèrent très bien leurs réseaux sociaux. Ceux qui y sont présents connaissent les risques et savent les manier à bon escient. Il m’arrive de les aider pour un texte qu’ils souhaitent publier, pour certifier leurs réseaux sociaux ou faire leurs premiers pas sur un réseau…
En revanche, en interne, on organise chaque saison une « formation » réseaux sociaux et médias pour les jeunes du centre de formation, des U15 à l’équipe réserve. Le but étant de les former à la bonne utilisation des réseaux sociaux, les sensibiliser aux risques, les mettre en situation face aux médias. Tout en leur précisant qu’il est intéressant d’être présent, que ce soit sur les réseaux sociaux ou dans les médias.

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Lucas Hervouet et le FC Nantes viennent d’atteindre les 100 000 abonnés sur Instagram.


avatar : Recevez-vous (toi en tant que CM et les joueurs) des consignes de la part du club ? Devez-vous tenir une ligne directrice précise
 ?
LH : Les joueurs n’ont pas de ligne directrice précise, ils gèrent leurs réseaux comme bon leur semble, même si forcément, on veille à ce qu’il n’y ait aucun dérapage.
Me concernant, j’ai une ligne éditoriale précise pour chaque réseau social.


avatar : Tu te dois, certainement, de poster tous les jours sur les réseaux du club. Comment gères-tu le fait de devoir être connecté en permanence
 ?
LH : C’est effectivement l’un des inconvénients du métier, encore plus marqué dans un club de football où l’actualité est quotidienne et les matches le week-end. Pour être honnête, ce n’est pas forcément simple à gérer, mais il faut savoir s’organiser pour pouvoir décrocher dès qu’on en a la possibilité.

 

twitter
Et le demi million sur Twitter !
avatar  : Comment gères-tu les moment de crises qui peuvent se produire au sein du club ?
LH : C’est ici que se joue le plus compliqué du métier. Il faut savoir anticiper les réactions que pourraient susciter les publications, éviter d’attiser les critiques, et surtout, savoir trouver les bons mots pour rester optimiste, et garder une image positive du club. 

avatar : Les réseaux sociaux servent-ils à renforcer les liens avec le public, à diminuer les frontières qui peuvent exister 
?
LH : Oui, totalement. Il y a encore quelques années, il était quasiment impossible pour le public de découvrir l’envers du décor d’un vestiaire, les couloirs d’un stade, de suivre du travail ou de chez soi les conférences de presse d’avant-match, des entraînements ou des échauffements d’avant-match, par exemple. Le fait de pouvoir interagir et répondre aux questions en quelques secondes facilite également ce lien. Et, je suis convaincu que le fait d’entretenir une relation avec le public, que ce soit par des réponses ou des opérations avec lui, joue énormément dans la cote de popularité d’une entreprise.
avatar : Penses-tu que le football (dans son ensemble) a évolué avec l’avènement des réseaux sociaux ?
LH : C’est difficile à dire, parce que le football reste le terrain avant tout, les résultats. Les réseaux sociaux ne sont qu’une pièce du puzzle. Ils aident à entretenir une bonne communication, donc je dirais qu’ils aident à mettre en avant le football dans son ensemble…

avatar : Est ce que faire le buzz est quelque chose que tu recherches 
?
LH : Pas spécialement. Je gère les réseaux sociaux d’une institution, d’un grand club français au fort passé. On ne peut pas se permettre de créer le buzz à tout va. En revanche, quand je juge que la situation s’y prête et que les retours peuvent être bons, oui, c’est intéressant. Parce que, forcément, ça va faire parler du club, en bien, via des reprises de médias, etc… Et le but d’un community manager, c’est de faire parler de l’entreprise pour laquelle il travaille de façon positive. On l’a d’ailleurs vu avec notre mercato estival : avec l’aide de tout le service communication du club, on a cherché pour chaque nouvelle recrue une façon originale de l’annoncer. Quasiment chacune de nos annonces a fait le buzz, et au-delà de faire parler de nos nouveaux joueurs, ça a aussi donné une image super positive du FC Nantes

avatar : Quels sont les pièges à éviter ?

LH : Tomber dans la routine. On a la chance de voir des nouveautés régulièrement sur chaque plateforme, il serait bête de ne pas s’en servir. D’autant que les suiveurs cherchent de la nouveauté constamment. 

avatar : Quelles sont les limites des réseaux sociaux ?
LH : Je dirais l’anonymat. Il permet l’attaque ou l’insulte facile, et je pense sincèrement que ça ne donne pas forcément une bonne image des réseaux sociaux, en témoigne Twitter. Je n’y suis pas particulièrement confronté, mais je pense que beaucoup de personnes ne s’y inscrivent pas ou n’y vont plus pour cette raison.

Pour suivre le travail de Lucas Hervouet sur les réseaux sociaux, c’est par ici :

instagram-logo-ywb INSTAGRAM               facebook-770688_960_720  FACEBOOK 

twitter-icon-vectorTWITTER          images FC.NANTES

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